Tuesday, April 29, 2008
Wednesday, December 26, 2007
un infini quart
Année goupile, casse-museau, au bord d'un cénotaphe
douceurs chez vous jusqu'à plus tard.
jard garden chose times new r
Saturday, July 14, 2007
Monday, July 02, 2007
le forp dans les îles
Sunday, May 27, 2007
Friday, April 27, 2007
Wednesday, April 25, 2007
Friday, April 13, 2007
Friday, April 06, 2007
sans titre
Je suis si grosse dit-elle que
S'il m'arrivait de glisser en janvier
Je tomberais en juin.
Je me permets les fleurs à robe,
La baise au vent, les hoquets de guitare,
je suis grosse comme un monde,
Je peux enfler de mille enfants
Et les appeler Pôle et Désordre.
Je sais prolonger mes méridiennes jusqu'aux soirs de touffeur
Et lécher le front des baobabs
Et mettre les mains dans la merde sans me baisser
Et tacher de terre le ciel.
Sunday, March 18, 2007
Tuesday, March 06, 2007
la pathématique IV et dernière
Parfois en fin de matinée, entre deux tartines fromage-chocolat je jette à nouveau les yeux dans son bouillon de larmes et je le regarde y faire la planche, un moment comme çà entre l'avant-dernière et la dernière bouchée –en espaçant le bou et le chée- pour me laisser le temps de monter, monter le long des figuiers géants, mon nom d'atteindre les nuages, et voir Pacôme se percher sur un interligne à haute tension, campé dans un soupir, blotti tout contre un chut, léger et délassé comme à la récré du soir.
A bas le jour, je dresse ton omnipotence mon amour, demain, cher de poule tu seras beau comme Django, mes six cordes pour lavallière. En clé de sol pleureur, peine, demain je te Pan.
Et là çà se finit sur une batucada ou Madame Butterfly, choisissez, la suite importe peu. Pacôme a fait des choix, bon ou mauvais, Louise s'est mise à chanter et planter des figuiers qui racontent à ceux qui y grimpent, en espaçant le grim du pent, comment entre l'éclipse et le sublime faire durer les belles choses.
Friday, March 02, 2007
Monday, February 26, 2007
la pathématique III
Et j'ai fini par laisser passer le temps moi aussi. A réfléchir à sa drôle de guerre, aux pommiers, puis à mon cou, mon nez, puis à toute autre chose. Les giboulées en février, les jours qui s'étendent à loisir sur mes nuits, les objets trouvés, la mouche, le talon de trois puis de cinq centimètres, la vie.
Comptine pour toi ma Louise, ma barbarie, mon indécise, mon caïman, belle.
Lou-ise. Tu mettais toujours deux syllabes là où il n'y en n'a qu'une. Pour laisser le temps à mon nom d'atteindre les nuages, trois, cinq centimètres. Monter, monter le long des figuiers géants aux feuilles élastiques (nous y laissions, avec nos ongles, des accents ronds). Là où seule j'accède dans mes moments de liberté, entre l'éclipse et le sublime, dans des plis de robes éculées et de billets manuscrits.
Je repense à tes louanges sans superlatifs.
Dire Louise en deux temps c'est lancer un baiser dans l'air. Avancer les lèvres un peu comme pour siffler.
Je me souviens, çà bougeait, çà tournait sur soi-même ou prenait des couleurs…Peu de temps après, je me suis retrouvé à jouer à la dînette avec tout mon équipage. Je dressais une jolie table de singerie, approchais des sièges confortables pour nos faux-culs et beurrais des tartines aux tartuffes.
Parce qu'il n'y a plus de décence lorsque l'odeur de renfermé s'attaque à la personne et que je tenais encore aux belles tournures. Comme tu étais beau, Pacôme tu étais beau. (Y'a-t-il là dedans la dignité après laquelle je cours?)
Maintenant je me lève de table lorsque j'ai envie d'écrire ou de pisser et mes giboulées passent pour un grain sur la plaine.
Saturday, January 27, 2007
la pathématique II (pour B.)
Ma ronce, ma cruelle.
On se piquait au jeu de ne pas faire trop plaisir, se rappeler à l'autre mieux encore en le blessant entre deux caresses. En colère je le laissais à ses fourneaux intimes. Mon incandescente aux enfers, il disait en souriant.
Elles remontent, toutes en jambes, sur la promenade. Pieds nus, elles n'ont pas peur des échardes, rien ne peut plus les piquer au vif. Elles ont passé une belle journée. L'accalmie d'aujourd'hui les persuade d'un véritable repos demain, un peu de paix, un peu de désir et d'audace qui suffit à taire leur vache de peur.
Allez viens jouer à me plaire ou je t'oublie. Viens jouer à me plaire ou je t'oublie Pacôme.
Elles en oublient même. Il arrêtait d'écrire un moment, les deux mains sur les tempes pour me regarder partir. Et il rebaissait les yeux sur ce qu'il appelait ses "sursauts".
Même leur colère bon sang.
En réalité je déteste çà, les Peur-de-rien, autant que les Sans-pantalons. D'ailleurs je pense déjà à m'éloigner. Quitter la côte. Attendre la neige dans le feutre de mes salons ou un prétexte à un foutu double tour de clé.
Je dis tout le temps çà quand je m'en vais, mi-résignée, mi-menaçante.
Rassembler les livres et leurs consignes dans une grande pièce pour pouvoir tout embrasser d'un seul regard, me détacher de tous et de toutes peu à peu. Me terrer sous un plancher, sous un lit sans compromettre le dénouement. Garder une botte en terre sainte et attendre un peu plus de naturel dans le dernier geste, jusqu'à temps qu'il ne puisse pas ne pas être, disons.
Je dis tout le temps çà quand je m'en vais, mi-agacée, mi-agaçante.
D'abord faire sécher mon manteau en peau de tristesse sur un grand fil. Je m'endors dans ses bras, étouffe tout cri, tout pleur dedans depuis longtemps si bien qu'il devient confortable et dilue toute peine dans une dernière vague. Avec acharnement alors je paresse.
Je reprends mon manteau et l'enfile les yeux fermés. Je ne suis pas très forte en chantage. Pas très forte en chant. Je crois que c'est à cause de mon cou et de mon nez, l'un est trop court, l'autre trop long. Je pense que l'argent peut tout régler.
En attendant de trancher. Il collait son index à son majeur, repliait les autres doigts et ouvrait la bouche, bang, avec le bruit d'une bulle qui éclate pour ne pas me faire peur. Et le reste aux didascalies tu disais. Pour quand on m'écrira dessus, comme sur Arthur et sur Antonin. Tu le voyais déjà ce jour-là : tes promeneuses éplorées ayant retrouvé comme par hasard leur colère dans un tas de sable, pliées en deux sur des bancs noirs ou en talons aiguilles sur le parvis de Saint Thomas, leurs montres en évidence parce que toi tu croyais et pas elles. A cause de çà on dirait toutes _c'est un accident_ en insistant bien sur le "a". Et au prêtre d'enfiler ses grandes pompes.
J'ai secoué les bras en l'air, de grands moulinets pour jeter une éponge invisible, toujours les yeux fermés. Tu pleurerais pour une écharde Pacôme. Un peu de plus et je lui disais chiche (pour la blessure entre les deux caresses). Putain.
Regarde, je m'en vais à la guerre comme
Chargés à la guerre comme
A la guerre comme
Chargés comme une mule
A la guerre comme
Comme une veste de Sans-Pantalon
A la guerre comme
A la guerre comme une montagne à mon pied !
Et j'ai fini par laisser passer le temps moi aussi.
Saturday, December 23, 2006
la pathématique I
J'ai vu grandir les pommiers, se faner les dahlias : je sais quand çà va et quand çà ne va pas, Pacôme.
Je ne suis pas très fort en jardinage. Pas très fort en plantes.
J'ai tout de même des yeux et de ceux qui ne trompent pas. Pacôme tu dépéris.
Casse toi. Je t'en prie. Et il voulait me faire croire que ses joues n'étaient pas creuses, qu'il les mordait souvent, c'est tout. Il sentait les fruits verts et le tabac froid. Derrière sa porte les voisins racontaient ses musiques entêtantes, ils n'aimaient pas ses mâchoires serrées, son air de jeune froid, son caban, même pas la raie de lumière qui courait de son appartement au couloir que çà leur en inondaient les pieds du matin au soir. Le carrelage noir et blanc était si brillant. Il aimait y faire tomber ses clefs ou une poignée de petites pièces. Selon qu'elles tombaient sur tel ou tel carreau, au cœur ou aux coins, le son bougeait, tournait sur lui-même ou prenait des couleurs alors Pacôme souriait devant ses drôles d'images et rêvait de la mer, comme un assoiffé. Il voyait du sable blanc, du sable noir qui passait entre ses doigts, qui plombait le temps et la mer qui s'efflotait.
Loin, des bouées rouges et bleues. Et puis là, au fond le store sur la baie vitrée ce sont les grands mâts qui claquent des bateaux fatigués.
Tu écris je dessine OK ? La ville a même enfermé des palmiers déplumés dans des bacs en bois blanc. Ils me foutent la chair de poule ! Tu dessines alors ?
Il était assez doué pour qu'on l'admire, pas assez pour qu'on l'aime. D'ailleurs on ne l'admire pas, on admire ce qu'il fait. Mais il était si loin de ce qu'il faisait. Tu n'as rien d'admirable, rien. Tu es si loin, pas comme les musiciens qui sont tellement à la portée de ce qu'ils font qu'on n'arrive plus à les en séparer. Ils sont le tout, l'idée, la main, l'outil, le fond de la tasse, la pluie dedans. Ses livres étaient loin de lui, comme s'il ne les avait jamais lus. Alors écrits…
A gauche, la grève, recouverte de caillebotis sombres, des cordes épaisses (on a du mal à en faire le tour avec le poing) la parcourent. C'est un effleurement pâle, qui à l'air fragile mais qui ne l'est pas. C'est pour çà que ces cordes sont si attachantes. Comme les filles que j'aime.
Comme les filles que tu aimes Pacôme, en réalité tu te demandes si même elles tu ne les as pas écrites. Elles sont si loin de toi.
La fille là-bas, celle qui joue avec le lacet de son pull: une mouette mange les restes de son beignet et s'envole parce qu'elle a peur de son ombre.
Qui a peur de qui ? Elles sont si loin de toi et tu les crois dans ton ombre. Ce sont les phares d'en face, les néons du motel, les facettes du diamant. Il paraissait si faible quand il parlait tout seul et qu'elles brillaient dans leurs coins et pas au cœur et çà çà changeaient tout. Çà bougeait, çà tournait sur soi-même, çà prenait des couleurs, alors Pacôme…
Je rêve de la chair, comme un affamé. Je les vois, leurs dos qui tombent, qui tombent.
Tu tomberas de haut Pacôme à force de planer. Il croyait les voir roulées en boule ou assises en chien de fusil, somnolentes, derrière des couvertures multicolores qu'elles cousaient à la main quand elles étaient amoureuses et qu'il pleuvait. Avec çà et des coussins il construisait peu à peu un fort intérieur avec tout ce qu'il faut pour contrer l'ennemi.
Ce sont des filles cousues mains, des filles manuscrites, c'est comme çà que je les aime. Là il y a des rochers sombres qui barrent la plage, on ne peut plus voir les gens qui nous devancent ni estimer la longueur de chemin qui nous reste pour venir à bout du front de mer. C'est une respiration réconfortante et noire. Les yeux se posent et observent le carnaval qui se joue dans notre dos qui tombe, qui tombe.
Des ennemis Pacôme ? C'est carnaval pas sabbat. Qui joue dans ton dos ? A part moi ? Il paraissait si faible alors je le prenais dans mes bras, misère, je m'asseyais en silence contre lui et il n'arrivait plus à m'en chasser.
Je voudrais les chasser les vilaines filles de mon dos, ce n'est pas de leur faute, çà n'est pas de la mienne. Sur le sable je ne vois pas leurs empreintes, elles ne laissent pas d'empreintes. Leurs pieds sont nus, elles sont donc si légères. Leurs robes ne pèsent rien même si elles sont pleines de couleurs, elles marchent dans des rayures et des pois de senteurs. Elles ne laissent pas d'empreintes !
Je restais là des heures, des jours parfois. Il me disait qu'il n'avait pas besoin de moi. Casse toi. Je t'en prie. Ma ronce, ma cruelle. Je lui disais que je n'avais besoin de rien mais que je voyais tout, que tout irait bien tant que je serais là, que là fallait se laisser faire. Que faire le mort tout le temps comme çà c'était pas une vie.

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